Carl Trahan
Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal
Le crépuscule, comme le soleil

Le travail que présente Carl Trahan tire ses sources au pessimisme cosmique du philosophe Eugene Thacker, à la pensée nihiliste, de même qu’aux mythologies antiques. L’artiste propose de retrouver le concept thackérien central de monde-sans-nous dans la figure de la nuit et dans le mysticisme des ténèbres. Spectral et spéculatif, ce monde est à la fois antérieur et postérieur à notre présence sur la planète que nous nommons Terre, et ce, dans le contexte d’un cosmos indifférent à notre existence.
En recourant à diverses techniques, Trahan aborde ces notions dans des œuvres qui renvoient à des récits de l’Inde, de la Grèce et de la Rome antiques ; à la théologie négative et à la pensée d’Emmanuel Levinas, notamment. Centrale dans ce corpus, l’idée historique de nuit mystique, dans laquelle le sujet se perd avant de s’unir au divin, est ici, après la mort de Dieu, liée à l’idée contemporaine d’extinction, la rapprochant d’un mysticisme de l’inhumain. C’est dans ce contexte qu’on peut interpréter le recours de Trahan à l’olfaction – une discipline intrinsèquement mnémonique – comme une tentative d’évoquer un monde évanescent.
Carl Trahan développe un travail multidisciplinaire depuis le milieu des années 90. Il a exposé dans diverses galeries et centres d’artistes au Canada et en Europe, de même que dans des institutions telles le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), le Musée d’art de Joliette, le Musée d’art contemporain des Laurentides, la MacKenzie Art Gallery et la Fondation Grantham. En 2016, il a été récipiendaire du Prix en art actuel du MNBAQ. Il a participé à des résidences à Helsinki, Berlin, Paris et Rome, entre autres. L’artiste est représenté par la galerie Nicolas Robert.




Carl Trahan’s work draws its sources from the cosmic pessimism of the philosopher Eugene Thacker, from nihilism, as well as ancient mythologies. The artist proposes to rediscover the central Thackerian concept of a "world-without-us" through the veil of night and the mysticism of darkness. Spectral and speculative, this world is both prior to and subsequent to our presence on the planet we call Earth, and this in the context of a cosmos indifferent to our existence.
Using various techniques, Trahan addresses these notions in works that refer to stories from ancient India, Greece and Rome; to negative theology and the reflections of Emmanuel Levinas, in particular. Central to this corpus: the historical idea that the dark night, in which the subject is lost before uniting with the divine, is here, after the death of God, linked to the contemporary idea of extinction, and bringing it closer to a mysticism of the inhuman. It is in this context that we can interpret Trahan’s use of olfaction – an intrinsically mnemonic discipline – as an attempt to evoke an evanescent world.
Carl Trahan has been developing multidisciplinary work since the mid-1990s, which has been exhibited in various galleries and art centres in Canada and Europe, as well as in institutions such as the Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), the Musée d'art de Joliette, the Musée d'art contemporain des Laurentides, the c and the Grantham Foundation. In 2016, he was the recipient of the MNBAQ Contemporary Art Award, and he has participated in residencies in Helsinki, Berlin, Paris and Rome, to name a few. Trahan is represented by the Nicolas Robert Gallery.
Portrait : courtoisie de l'artiste
Images : Carl Trahan et Paul Litherland