Christos Pantieras
Ottawa
HEY. HORNY. GRRRR. & AM I WORTH IT?

HEY. HORNY. GRRRR. explore la fragilité des liens humains et des expériencessexuelles en décryptant la sémiotique de la culture des rencontres gaies. À quel point la connexion par les mots est-elle précarisée quand le simple contact avec un écran procure satisfaction ? Cette œuvre est formée de milliers de lettres coulées dans du béton, dont la taille est comparable à celle des aimants qu’on applique sur les réfrigérateurs. À l’instar de l’univers des rencontres amoureuses, elles font référence au jeu, au divertissement et aux associations. Débordant de seaux industriels, les lettres en béton tombent en cascade, s’accumulent et s’empilent pour révéler des mots et des énoncés osés, empreints d’un désir fugace. Dans ce cas précis, il s’agit de premières salutations échangées par des hommes en quête de relations intimes avec d’autres hommes. Pour HEY. HORNY. GRRRR., Pantieras s’est inspiré de ses propres expériences des années 2010 en archivant les messages de salutation qui lui ont été envoyés via des applications de rencontre homosexuelle, telles que SCRUFF, Grindr et GROWLR. Initialement éphémères, ces correspondances numériques sont extraites du monde virtuel et transformées en matière dans l’espace physique par l’artiste. À travers sa démarche, Pantieras utilise ces mots visant à établir des liens rapides pour en amplifier le poids et les émotions qu’ils suscitent derrière l’écran du téléphone.
AM I WORTH IT? aborde la fragilité des relations en ligne et l’intersection des mondes virtuel et physique. Le sol est carrelé de milliers de lettres en béton espacées par du sable siliceux. Cette installation immersive et expérientielle permet aux visiteuses et visiteurs d’interagir directement avec l’œuvre en marchant sur sa surface. Elle invite à réfléchir aux notions d’intimité et d’extériorité en parcourant l’espace comme une fouille archéologique qui dévoilerait un site enfoui, où des écrans d’ordinateur et de téléphone agrandis, rendent publics des propos privés. Dans cette vaste grille de mots cachés posée au sol, sept mots distincts émergent intentionnellement pour révéler la déclaration : « I’m not willing to make the effort » [Je n’ai pas envie de faire l’effort]. Il s’agit d’un SMS reçu par Pantieras en réponse à sa question sur l’évolution et l’avenir qu’il espérait d’une relation amoureuse. Cette histoire s’est terminée de façon inattendue et abrupte. Il n’en restait plus que des mots à piétiner ainsi que l’introspection de l’artiste : « Am I worth it? ».
Christos Pantieras est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université d’Ottawa et d’une maîtrise en sculpture de l’Université York. Dans son travail, Pantieras utilise la communication en ligne pour explorer les complexités des liens humains, de l’intimité et de l’identité à travers des installations, des sculptures et des œuvres multimédias. Il a exposé en Ontario et au Québec, et ses œuvres figurent dans les collections de la Ville d’Ottawa, de la Galerie d’art d’Ottawa, des ArQuives, du Diefenbunker, de Bibliothèque et Archives nationales Canada ainsi que dans des collections privées. Le travail de Pantieras a bénéficié du soutien du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts de l’Ontario et de la Ville d’Ottawa.

HEY. HORNY. GRRRR. explores the frailty of human connection and sexual encounter by unpacking the semiotics of gay hook-up culture. When gratification is immediately available by the tap of a screen, how fragile are the bonds of words? In this work, thousands of letters, whose scale parallels the letter-shaped magnets found on refrigerator doors, are cast in concrete. Like the game of dating, the letters reference play, recreation, and coming together (as individual letters are the aggregate to form words). Overflowing from industrial grade buckets, the concrete letters cascade, accumulate, and stack to reveal words and bold statements that are both charged and ignited by fleeting desire. In this instance it is the initial greetings communicated by men who are seeking intimacy with other men. For HEY. HORNY. GRRRR., Pantieras draws upon his own experiences from the 2010s by archiving salutations sent to him through gay hook-up apps, such as SCRUFF, Grindr, and GROWLR. Once ephemeral, these digital correspondences are taken from the virtual world and transformed into material that occupies physical space. With this, Pantieras amplifies the weight of words initiated for fast connections, and what emotions resonate from behind the telephone screen.
AM I WORTH IT? speaks to the fragility of online relationships and the intersection of virtual and physical space. The floor is tiled with thousands of letters cast in concrete. Silica sand is used in place of grout to fill the spaces between these letters. As an immersive and experiential installation, visitors are invited to engage directly with the artwork by stepping onto the surface. The installation stimulates various considerations and tensions, including indoor and outdoor spaces, a site that has been uncovered – like an archeological dig, a site that is in a state of burial, or enlarged computer and phone screens where private words become public. With a vast word search beneath one's feet, seven individual words intentionally push up and emerge from the surface to reveal the declaration: “I’m not willing to make the effort.” This statement was sourced from a text message, received by Pantieras, in response to his inquiry about the development of a romantic relationship and its anticipated trajectory. The relationship ended unexpectedly and abruptly. All that remained were words to be stepped on, along with the artist’s self-reflection: Am I worth it?
Christos Pantieras holds a bachelor’s degree in Fine Arts from the University of Ottawa, and a master’s degree in Sculpture from York University. In his work, Pantieras sources online communication to investigate the complexities of human connection, intimacy, and identity through installations, sculptures, and mixed-media works. He has exhibited in Ontario and Québec, and is included in the collections of the City of Ottawa, the Ottawa Art Gallery, the ArQuives, the Diefenbunker, Library and Archives Canada, and private collections. Pantieras’ practice has been supported by the Canada Council for the Arts, the Ontario Arts Council, and the City of Ottawa.

Portrait : Rémi Thériault
Images : courtoisie de l'artiste