Stéphane GILOT

Stéphane,

Je me suis réveillée avec une drôle d’impression, celle d’avoir été aspirée par les croquis qui s’accumulent sur la table de la pièce au plancher bleu et d’avoir visité ton installation avant même sa construction.

Dans un demi-sommeil, j’ai marché longtemps, portée par le souffle de la forêt, camaïeu de verts denses et fuyants. Plus tard, devant une porte datant d’un autre âge, je me suis vue la main timidement posée sur la poignée. Il me semble que j’ai hésité longuement. Je n’ai jamais aimé rêver de portes, ne sachant pas quels mondes elles abritent.

Mon sommeil était déjà plus léger lorsque je me suis décidé à la pousser. De l’autre côté, un long couloir évidemment, évidemment blanc et sans odeur. Sans repères non plus lorsque murs, plancher et plafond se sont fractionnés en triangles de plus en plus petit au fur et à mesure que la porte s’éloignait de moi. J’ai vu les angles se rétrécir jusqu’à arrondir l’espace, intense et migraineux, dès lors impossible à fixer dans le temps.

Je ne conserve aucun souvenir de la suite.

Caroline, 25 mars 2010

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