Moridja Kitenge Banza

Photo : Paul Litherland
				

Biographie

Moridja Kitenge Banza est un artiste canadien d’origine congolaise, né en 1980 à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Il est diplômé de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, de l’École supérieure des beaux- arts de Nantes Métropole ainsi que de la faculté des Sciences humaines et sociales de l’Université de La Rochelle. En 2010, il reçoit le Premier Prix de la Biennale de l’art africain contemporain, DAK’ART. Son travail a été présenté au Musée Dauphinois (Grenoble, France), au Museum of Contemporary Art (Rosklide, Danemark), à l’Arndt Gallery (Berlin, Allemagne), à la Biennale internationale de Casablanca (Maroc) ainsi qu’à la BAnQ, à la galerie Joyce Yahouda, à Oboro et au Musée des beaux-arts de Montréal (Québec, Canada).


Photos : Jean-Michael Seminaro

MONTRÉAL

UNION DES ÉTATS

À la fois installation et performance, l’Union des États se veut une réflexion sur l’existence des différentes institutions politiques et économiques, un questionnement sur leur réalité, leur utilité et leur fonctionnement. En me réappropriant les rituels et codes de ces organisations, telles que les Nations Unies, l’Union européenne, l’Union africaine, l’Union des nations sud-américaines, etc., je m’arroge le droit d’en créer une qui les remplace toutes, car elles ont failli à leur mission. Ainsi, je propose une lecture critique de ma propre expérience de la colonisation tout en inversant sa logique.


Pour cette installation, je réalise ou pas des performances dans différents lieux que je transforme en représentation diplomatique de l’Union des États. Durant ces performances, je prononce un discours politique long et parfois incompréhensible : cette occupation du temps, légèrement sarcastique, me permet de faire mien le territoire où je me situe. Territoire que je choisis de réaménager selon de nouvelles dispositions prises lors d’une assemblée générale de l’Union des États – un clin d’œil à la conférence de Berlin (1884-1885), où les puissances européennes ont décidé du sort de tout un continent, l’Afrique.


Ma démarche artistique s’articule entre la réalité et la fiction, elle constitue le moyen par lequel j’interroge l’histoire, la mémoire et l’identité des lieux que j’habite ou que j’ai habités, en lien avec la place que j’y occupe. Je confonds intentionnellement le réel et le fictionnel afin de perturber les récits hégémoniques et de créer des espaces où le discours marginal peut exister. Puisant dans les imaginaires collectifs, j’organise, assemble, trace des figures, tel un géomètre, me réappropriant leurs codes des représentations culturelles, politiques, sociales et économiques. De cette manière, je fabrique mes propres outils pour mieux investir le territoire de l’autre dans le but de nourrir tous les domaines de recherche qui inspirent ma pratique.

Photos : Étienne Boisvert et Gabriel Mondor


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