Artistes 2020

  • ATSA - MONTRÉAL

    LE TEMPS D’UNE SOUPE : DE LA RUE AU MUSÉE!

    Le Temps d’une Soupe est une œuvre relationnelle dans l’espace public qui croit en notre capacité de dépasser notre crainte de l’inconnu et qui nous emmène vers l’autre afin de vivre une expérience d’échange.

    ATSA vous convie à découvrir la première présentation intra muros de cette inter- vention d’art relationnel dans l’espace public qui, depuis sa création, a impliqué 10 000 citoyennes et citoyens sur quatre continents et qui s’est déroulée en sept langues. Le Temps d’une Soupe donne l’occasion aux participants de discuter d’un enjeu actuel d’importance avec une personne inconnue le temps de déguster une soupe, puis de créer leurs portraits poétiques (les portraits sont visibles sur www.atsa.qc.ca).

    Le Temps d’une Soupe constitue un moment d’ouverture à l’autre qui interpelle notre intelligence émotionnelle en dehors des algorithmes des réseaux sociaux. L’édition trifluvienne de cette œuvre expérientielle devait être au programme du Festivoix le 26 juin 2020, elle a été annulée en raison de la pandémie. L’exposition en galerie dévoilera un dispositif autonome afin de faire perdurer la création de liens humains et sensibles, appelant à un monde de paix.


    BIOGRAPHIE

    Annie Roy et son conjoint feu Pierre Allard fondent ATSA – Quand l’art passe à l’action en 1997. En un peu plus de vingt-et-un ans, ATSA compte déjà une cinquantaine de projets à son actif. Proposant ses installations et événements relationnels dans l’espace public, ATSA fait écho aux grands enjeux sociaux et environnementaux qui préoccupent le monde actuel. Sa démarche redonne à la place publique sa dimension citoyenne d’espace ouvert aux discussions et aux débats de société. Pour en savoir plus : www.atsa.qc.ca.

    ATSA est récipiendaire, entre autres, de la Médaille de la Paix du YMCA (2019), du Prix du jury offert par la Caisse de la Culture Desjardins pour le 33e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal (2018), du prix Giverny Capital 2011 et du prix Artistes pour la Paix 2008.


    Photo : Jean-François Lamoureux

  • PATRICK BÉRUBÉ - MONTRÉAL

    ENTROPÉ

    Je m’intéresse aux rapports contradictoires, qu’ils soient émotifs, physiques ou charnels, qu’entretient l’Homme envers lui-même et son environnement. La façon dont il a enraciné toute la conception de son existence sur son unicité, la systématisant et la réduisant à sa taille, de manière à la rendre plus perceptible et à oublier le caractère incommensurable de son échelle et de sa force.

    Compte tenu de ces temps de crise, mon œuvre aborde des questions politi- ques, sociétales et environnementales à travers différentes notions de désir et de pouvoir, de connaissance et de mémoire, de transformation et de mutation. Elle tente de démontrer notre fragilité et notre vulnérabilité devant l’inéluctable... Bien qu’il y soit question de cycles et d’éternel recommencement, il s’agit surtout de paralysie et d’immobilité face aux débordements du monde !

    Le travail que je présente s’inspire librement du poème philosophique Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche ; j’y raconte – avec humour et ironie – la transition de l’homme, de ses origines jusqu’au surhomme. « Tous les dieux sont morts : nous voulons, maintenant, que le surhumain vive ! » (Nietzsche)


    BIOGRAPHIE

    Patrick Bérubé a obtenu sa maîtrise en Arts visuels à l’UQAM. Conséquemment à sa participation à des expositions et événements majeurs, notamment à New York, Berlin et Londres, son travail a été remar- qué sur la scène nationale et internationale. Il compte également plusieurs résidences à son actif, dont le Hangar à Barcelone et la Cité des Arts à Paris. Membre actif du Centre Clark, Patrick Bérubé a aussi réalisé plusieurs œuvres d’intégration à l’architecture.


    Photo : Carl Raymond

  • BGL - QUÉBEC

    PANORAMA D’UN CYCLE POP

    Nous sommes BGL, un trio d’artistes de Québec qui roule sa bosse depuis 1996. Notre pratique est variée, très ancrée dans la matière et le travail manuel. Nos interventions comportent souvent une esthétique bricolée-figurative et cherchent à faire part de nos découvertes préférées, celles qui « flirtent » avec la poésie en générant de l’étonnement et de la fascination.

    Pour la Biennale, notre intention est de poursuivre une recherche entamée avec des répliques de bâtons de popsicle en bronze. Notre unique prototype est un guitariste à l’échelle 1/1. Cette première expérience nous a permis de constater la solidité du matériau et l’efficacité du faux-fini qui crée l’illusion de vrais bâtons de pops.

    C’est en ayant en tête ces atouts de solidité et d’illusion de matériaux fragiles et précaires que nous abordons le projet. Nous aspirons donc à créer des sculptures improbables si elles étaient réalisées en bâtonnets à café, mais probables grâce aux vertus du bronze et du faux-fini.


    BIOGRAPHIE

    BGL, collectif d’artistes de Québec, est connu pour ses installations qui prennent possession des lieux d’exposition. Parmi les œuvres marquantes de leur parcours, mentionnons À l’abri des arbres au Musée d’art contemporain de Montréal en 2001 ; Need to believe au centre d’art contemporain Mercer Union à Toronto, en 2005 ; Le discours des éléments, présenté au centre l’Œil de Poisson à Québec, en 2007, ainsi que Canadassimo à la Biennale de Venise en 2015. Plus récemment, en 2018, BGL a exposé Spectacle + Problem au London Museum, dans cette ville éponyme de l’Ontario.



    Photo : Ivan Binet

  • KRISHNARAJ CHONAT - BANGALORE, INDE

    FIRST RAIN

    Je crois que nos petites actions individuelles et nos choix quotidiens ont des répercussions considérables sur notre propre avenir et sur celui de toute notre planète. En me basant sur cette idée, j’ai conçu un projet qui fait appel à l’odorat – un sens dont on évoque rarement la dimension immatérielle et l’immense potentiel, de même que son intégration à une œuvre d’art. Essentiellement subjectifs et contextuels, l’olfaction chez l’humain ainsi que son rôle important dans notre perception du monde commencent tout juste à faire l’objet de recherches exhaustives. Celles-ci révèlent comment notre faculté de sentir concourt à former nos points de vue individuels et collectifs, et elles soulignent que, fondamentalement, notre seul point commun, c’est d’être TOUS différents.

    First Rain veut attirer le public en proposant une expérience qui allie la résonance olfactive et la tactilité appliquée à des formes et à des matières, et qui suscitera des réactions personnelles instinctives à des souvenirs associés à des odeurs, aussi bien réels qu’imaginaires. Bien que la prédominance de la vue sur les autres sens soit un fait établi dans notre société actuelle, l’odorat demeure le dernier bastion de matérialité qui a résisté à la numérisation. Dans l’œuvre présentée ici, j’explore le lien ténu entre le naturel et l’artificiel en utilisant des dispositifs industriels et post-industriels, comme la réfrigération et la climatisation, qui sont devenus les vestiges de paradoxes et de systèmes, et qui contribuent de façon importante au réchauffement climatique : ils refroidissent l’intérieur tout en réchauffant l’extérieur !

    Amalgamant des éléments sculpturaux avec l’éphémère et l’invisible, et reposant sur la ferme conviction que la résonance produite par l’art peut réellement induire un changement (aussi subtil soit-il), ce projet vise à éveiller la mémoire olfactive intime du visiteur, chaque inspiration entraînant une odeur au plus profond de chacun, atteignant directement son cœur et l’amenant à choisir entre l’affection et le mépris, le dégoût et la jouissance, l’amour et la haine. La façon dont nous mettrons nos subjectivités collectives au service de la globalité constitue sans doute l’un des plus grands défis de l’humanité aujourd’hui !


    BIOGRAPHIE

    Établi à Bangalore (Inde), Krishnaraj Chonat fait évoluer sa pratique artistique en se consacrant à d’intenses périodes de recherche et à des projets à long terme. Comme son travail explore les innombrables et complexes défis de la société actuelle, il a recours à divers médiums dont la peinture, la sculpture, l’installation et les œuvres collaboratives.

    S’inspirant de sa propre expérience de vie et des profonds changements qui surviennent dans son pays tout comme en Occident, Krishnaraj Chonat démontre habilement son aptitude à associer la pensée issue de courants philosophiques anciens avec des postures modernes. Ce faisant, il touche un large éventail de questions délicates sous leurs angles politique, culturel et environ- nemental. Bon nombre de ses projets récents ont aussi exploité l’olfaction comme un moyen artistique pour susciter une réaction émotionnelle et une grande résonance chez les visiteurs.

    Son travail a fait l’objet d’expositions dans d’importants musées du monde entier, notamment au Centre Pompidou à Paris, au Mori Museum à Tokyo, à l’Essl Museum à Vienne, au National Museum of Contemporary Art à Séoul et au Devi Art Museum de New Delhi.


    Photo : Natasha Vuillon

  • André Fournelle - Montréal

    LIGNE D’OR / LIGNE DE VIE

    Mon projet est une métaphore du temps qui passe comme la vie. Elle suit son cours. La ligne s’arrête comme l’existence.

    Comment croire au principe alchimique? C’est justement cette propension à dépasser la pensée par l’expérience de la matière et du moment présent.

    La transmutation des métaux et des idées. Croire comme source de l’agir.

    L’art est une réflexion. Croire, c’est l’espoir.
    Se donner le droit de croire.

    L’œuvre présentée ici est le résultat d’une performance qui a eu lieu dans le cadre de l’événement Nuit blanche à la Fonderie Darling en 2018, le côté aléatoire de la coulée de bronze justifiant l’intitulé de l’œuvre.

    Artiste interventionniste, André Fournelle ne dissocie pas l’art-réflexion de l’art-action. Ses performances qui vont de pair avec ses sculptures demeurent associées à l’utilisation de la lumière sous toutes ses formes technologiques (laser, néon, fibre optique, feu) et aux quatre éléments que sont la terre, l’eau, l’air et le feu.

    L’effet de surprise qu’il déclenche ainsi attire l’attention des spectateurs tout en les conduisant à une prise de conscience de la réalité qui les entoure.


    BIOGRAPHIE

    André Fournelle commence à faire connaître son œuvre au début des années 60. Après avoir travaillé deux ans dans une fonderie industrielle et bénéfificié du compagnonnage d’Armand Vaillancourt en fonderie d’art, il met sur pied la Fonderie expérimentale et collective avec Marc Boisvert. Il collabore également avec Marcelle Ferron à la recherche d’alliages de verre et de métal. Dans les années 70, il fait partie du groupe EAT (Experiment in Art and Technology), un laboratoire de création multidisciplinaire américain créé par Rauschenberg. À Paris en 1994, Fournelle représente le Québec comme sculpteur aux Jeux de la francophonie. En 1999, près du pont des Arts à Paris, il réalise l’intervention Lumière et silence (Une ligne de feu sur la Seine) dont la mise à feu est assumée par le critique et historien Pierre Restany. En 2005, il mène le projet Les incendiaires sur le parvis du Centre Pompidou à Paris. Tout au long de sa carrière, André Fournelle conçoit et installe de très nombreuses œuvres d’art public au Québec, aux États-Unis et en Europe. La pertinence de son travail témoigne de son engagement poli- tique et social.


    Photo : Michel Dubreuil

  • RICHARD IBGHY & MARILOU LEMMENS - DURHAM-SUD

    MEASURES OF INEQUITY

    Measures of Inequity consiste en une série de sculptures qui prêtent une forme matérielle à des représentations visuelles de la mesure de l’inégalité dans un vaste éventail de disciplines, allant de l’économie et de la sociologie à la gestion et aux études de genre. Ces œuvres, qui font principalement référence aux trente dernières années, mais aussi à des faits couvrant plus d’un siècle, sont basées sur des graphiques et des schémas tirés de revues universitaires, de rapports et d’autres publications spécialisées.

    Ces sculptures sont réalisées au moyen d’une variété de techniques simples qui évoquent les manières par lesquelles les chercheurs ont défini et caractérisé la répartition de l’accès aux soins de santé et à l’éducation ainsi que celle des revenus, de la richesse et de nombreux autres facteurs, selon les pays ou les provinces et entre les groupes de population. Les œuvres reflètent également l’articulation linguistique propre à ces représentations.


    BIOGRAPHIE

    Richard Ibghy et Marilou Lemmens vivent à Durham-Sud au Québec. Leurs œuvres ont fait l’objet d’expositions individuelles au Bemis Center for Contemporary Arts, Omaha (2019), à VOLT, Bergen (2019), à l’Audain Gallery, Vancouver (2018), à la Jane Lombard Gallery, New York (2017) et à l’ISCP, New York (2016). Leur travail a été présenté dans des expositions de groupe dont la Biennale de Fiskars, Finlande (2019), la OFF-Biennale Budapest (2017), la Bienal de Cuenca, Équateur (2016), la Biennale d’Istanbul (2015) et la Biennale de Sharjah (2011). Ils ont reçu le prix Giverny Capital en 2019.


    Photo : Sergio Urbina, HIAP

  • JR - PARIS/NY

    FEMME HÉROS/ INSIDE OUT - SCULPTER LE SOCIAL

    WOMEN ARE HEROES / FEMME HÉROS

    Dans le cadre de la BNSC 2020, la vidéo Femme Héros est présentée à la Galerie d’art du Parc de Trois-Rivières. Initialement, le projet Women Are Heroes a pour objectif de souligner le rôle central des femmes dans la collectivité. Les gigantesques portraits réalisés par JR mettent en lumière la dignité de ces femmes qui se voient ensuite sur les murs de leur village. La captation vidéo de leur témoignage raconte leur engagement actif dans leur milieu : elles se préoccupent d’améliorer les conditions de vie et veillent au bien-être des citoyens. Anonymes et héroïques, ces femmes luttent pour l’égalité et le respect des droits humains. Elles croient en leur pouvoir d’agir et en un avenir prometteur. Le projet mondial de JR jumelé à l’expertise en événementiel urbain de l’équipe de la BNSC devient Inside Out / sculpter le social. Il se veut un espace de partage, de discussion, de respect et de bienveillance qui rassemble les gens ainsi que divers organismes communautaires et acteurs de changements de Trois-Rivières autour du thème Croire de la BNSC 2020.


    INSIDE OUT / SCULPTER LE SOCIAL

    Inside Out / sculpter le social, une œuvre en apparence 2D, est un prétexte pour tisser des liens 3D et produire une sculpture sociale riche de sens. Réunir les citoyens autour d’un projet commun dans le but de créer des liens sociaux importants, c’est mettre en lumière la poétique qui se dégage de la différence à travers l’art urbain (ou Street Art) vu par JR.

    Plus de 200 portraits se déploient sur un des derniers bâtiments industriels du centre-ville de Trois-Rivières et au Carré 150 de Victoriaville. Ceux-ci s’inscrivent dans une démarche internationale. Issus de la diversité culturelle, ces images amènent à réfléchir au vivre-ensemble ou, comme JR le dit si bien, à « tourner le monde à l’envers », une action d’art global à la fois. Le site qui accueille l’œuvre de JR à Trois-Rivières a été choisi en tenant compte de la vocation projetée du lieu, soit de mettre en valeur les savoirs et pratiques des producteurs et artisans agroalimentaires, et de rassembler la population autour d’une offre alimentaire locale et saisonnière. Nous tenons à remercier Étienne Boisvert, photographe professionnel qui a réalisé les portraits, et toute l’équipe d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières, qui a su voir le potentiel du projet Inside Out / sculpter le social.


    Merci également aux personnels et aux membres de COMSEP, du Centre d’amitié autochtone de Trois-Rivières, du Service d’accueil des nouveaux arrivants de Trois-Rivières, de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie, de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie et du Comité d’accueil international des Bois-Francs situé à Victoriaville pour leur participation à ce projet.



    BIOGRAPHIE

    JR est un artiste français anonyme qui marque son époque par des projets de collage photographique infiltrant les rues ; il possède ainsi la plus grande galerie du monde entier. Son travail mêle l’art et l’action, car les communautés participent au processus artistique lors des initiatives de collage, et ses œuvres traitent d’engagement, de liberté, d’identité et de limite.

    Auteur du projet 28 Millimètres, qu’il amorce sur le territoire de Clichy-Montfermeil en 2004, il continue au Proche-Orient avec Face 2 Face (2007), puis au Brésil et au Kenya avec Women Are Heroes (2008-2011), dont le documentaire est présenté au Festival de Cannes en 2010.

    En 2017, il coréalise avec Agnès Varda le long-métrage Visages, Villages, projeté la même année en sélection officielle au Festival de Cannes. Le film y est récompensé de l’Œil d’Or (meilleur documentaire) et nommé pour le César et l’Oscar dans cette catégorie en 2018.

    En 2011, il reçoit le prix TED, qui lui offre la possibilité de formuler un vœu pour changer le monde. Il crée alors Inside Out, un projet d’art participatif international qui permet aux personnes du monde entier de recevoir un tirage de leur portrait, puis de le coller pour soutenir une idée, un projet, une action et de partager cette expérience. Depuis, 1 801 actions de groupe Inside Out se sont réalisées dans 142 pays, en produisant au total 362 700 portraits.


    Photo : JR

  • MORIDJA KITENGE BANZA - MONTRÉAL

    UNION DES ÉTATS

    À la fois installation et performance, l’Union des États se veut une réflexion sur l’existence des différentes institutions politiques et économiques, un questionnement sur leur réalité, leur utilité et leur fonctionnement. En me réappropriant les rituels et codes de ces organisations, telles que les Nations Unies, l’Union européenne, l’Union africaine, l’Union des nations sud-américaines, etc., je m’arroge le droit d’en créer une qui les remplace toutes, car elles ont failli à leur mission. Ainsi, je propose une lecture critique de ma propre expérience de la colonisation tout en inversant sa logique.


    Pour cette installation, je réalise ou pas des performances dans différents lieux que je transforme en représentation diplomatique de l’Union des États. Durant ces performances, je prononce un discours politique long et parfois incompréhensible : cette occupation du temps, légèrement sarcastique, me permet de faire mien le territoire où je me situe. Territoire que je choisis de réaménager selon de nouvelles dispositions prises lors d’une assemblée générale de l’Union des États – un clin d’œil à la conférence de Berlin (1884-1885), où les puissances européennes ont décidé du sort de tout un continent, l’Afrique.


    Ma démarche artistique s’articule entre la réalité et la fiction, elle constitue le moyen par lequel j’interroge l’histoire, la mémoire et l’identité des lieux que j’habite ou que j’ai habités, en lien avec la place que j’y occupe. Je confonds intentionnellement le réel et le fictionnel afin de perturber les récits hégémoniques et de créer des espaces où le discours marginal peut exister. Puisant dans les imaginaires collectifs, j’organise, assemble, trace des figures, tel un géomètre, me réappropriant leurs codes des représentations culturelles, politiques, sociales et économiques. De cette manière, je fabrique mes propres outils pour mieux investir le territoire de l’autre dans le but de nourrir tous les domaines de recherche qui inspirent ma pratique.


    BIOGRAPHIE

    Moridja Kitenge Banza est un artiste canadien d’origine congolaise, né en 1980 à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Il est diplômé de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, de l’École supérieure des beaux- arts de Nantes Métropole ainsi que de la faculté des Sciences humaines et sociales de l’Université de La Rochelle. En 2010, il reçoit le Premier Prix de la Biennale de l’art africain contemporain, DAK’ART. Son travail a été présenté au Musée Dauphinois (Grenoble, France), au Museum of Contemporary Art (Rosklide, Danemark), à l’Arndt Gallery (Berlin, Allemagne), à la Biennale internationale de Casablanca (Maroc) ainsi qu’à la BAnQ, à la galerie Joyce Yahouda, à Oboro et au Musée des beaux-arts de Montréal (Québec, Canada).


    Photo : Paul Litherland

  • JANET MACPHERSON - HAMILTON

    MIGRATION

    Marquée par mon éducation catholique, j’explore le caractère hybride présent dans l’idéologie chrétienne en puisant à une panoplie de sources, qui com- prennent notamment des manuscrits enluminés, des livres sur les saints et les martyrs, et des représentations de monstres du Moyen Âge.

    Les personnages hybrides nous montrent l’occurrence simultanée de deux états qui sont en mutation, l’un et l’autre se renvoyant leur image et se défiant constamment. La frontière entre l’humain et l’animal, le fabriqué et le naturel, le spirituel et le viscéral est bien délimitée, mais perméable ; elle exprime les différences en cause tout en laissant place à l’émerveillement et à l’incertitude.

    Un pont peut évoquer un passage indéfini à travers l’espace et le temps. Sur ce pont-ci, des animaux hybrides se dirigent vers une destination inconnue, ce qui peut faire allusion à des populations migrantes ou à une procession religieuse. Selon leur posture, ces animaux révèlent les difficultés qu’ils éprouvent : beaucoup d’entre eux ont les yeux bandés, ce qui restreint leur capacité à se déplacer ; plusieurs ont trébuché et sont tombés, tandis que quelques-uns transportent des compagnons attachés sur leur dos. Migration est fabriquée à partir de jouets trouvés que j’ai d’abord démontés, réassemblés et enveloppés dans de fines couches de porcelaine, puis dont j’ai fait un moulage. En appli- quant des entraves et des bandages à ces « personnages » – et en considérant l’intention qui sous-tend ces gestes, j’analyse les limites entre la dévotion et la coercition, le plaisir et la douleur, l’instinct animal et la domesticité.


    BIOGRAPHIE

    Janet Macpherson a étudié la céramique au Sheridan College, en Ontario, puis a obtenu une maîtrise en Beaux-Arts à l’Ohio State University en 2010. Le Gardiner Museum of Ceramic Art, à Toronto, a présenté son exposition solo A Canadian Bestiary en 2017. Tout récemment, l’artiste a fait partie de l’exposition Book of Beasts au J. Paul Getty Museum à Los Angeles. Macpherson vit et travaille à Hamilton, en Ontario.


    Photo : Renée Lear

  • CAROLINE MONNET - MOntréal

    CREATURA DADA

    Caroline Monnet utilise les arts visuels et médiatiques pour démontrer son intérêt à communiquer des idées en lien avec l’identité autochtone et le biculturalisme, en analysant des récits culturels. Son travail, souvent minimaliste et émotionnellement chargé, évoque la magnifique complexité du statut actuel des peuples autochtones. Creatura Dada présente six femmes autochtones puissantes qui se rassemblent pour célébrer un nouveau commencement et la fin du monde tel que nous le connaissons. Issue d’une lignée matriarcale, Monnet désire réécrire une mythologie contemporaine où ce sont les femmes qui racontent l’Histoire. Attachée à la conviction que « l’art est un moyen de faire face aux traumatismes et de les surmonter », elle précise : « Je veux utiliser [l’art] pour briser le cycle de la victimisation, de la honte et de la brisure intérieure. Je veux être fière de mon identité et utiliser cette fierté pour aller de l’avant. »


    BIOGRAPHIE

    Artiste multidisciplinaire de Gatineau maintenant établie à Montréal, Caroline Monnet est représentée par la galerie Division. Après des études en sociologie et en communication à l’Université d’Ottawa (Ontario) et à l’Université de Grenade (Espagne), elle poursuit une carrière en arts visuels et en cinéma. Ses œuvres ont été exposées notamment au Palais de Tokyo (Paris), à la Haus der Kulturen (Berlin), à Axenéo7 (Gatineau), à Arsenal Contemporary (NYC) ainsi qu’au Musée d’art contemporain de Montréal et au Musée des beaux-arts d’Ottawa. En 2016, elle est sélectionnée pour la presti- gieuse résidence à Paris de la Cinéfondation du Festival de Cannes. Elle a également fait partie de la Biennale du Musée Whitney à New York et de la Biennale d’art de Toronto 2019.


    Photo : Ulysse Del Drago

  • LA FAMILLE PLOUFFE - LONGUEUIL

    FILENT DESSUS, FILENT DESSOUS

    L’essence de ce projet créatif a émergé lors de notre visite de la réserve du Musée POP. Alors en quête d’une sélection d’objets fabriqués, nous avons éprouvé des impressions de candeur, de sincérité, de cordialité, de douceur, de franchise, d’authenticité, de spontanéité et de simplicité nous menant même parfois jusqu’à l’émoi. Nous nous sommes alors promis de raconter la « petite histoire » de gens par le truchement de leurs créations faites main et de témoigner de la précarité de leurs imaginaires.

    Nous travaillons à remuer les enjeux de la « folklorisation » de la culture populaire dans sa transmission intergénérationnelle. Toutes les facettes de nos travaux sont reliées de près ou de loin à des éléments d’une culture principalement langagière (récits, expressions familières, gestes, objets ou savoir-faire vernaculaires). Ainsi, nous actualisons et mettons en valeur à notre façon la transmission d’un héritage culturel matériel et immatériel.

    Notre assemblage à échelle humaine dépendait essentiellement de notre expérience du lieu et des rencontres avec plusieurs microcommunautés. Voilà la matière première qui siège au cœur de l’œuvre. Notre soif de réenchantement est étanchée à travers le prisme ludique de l’enfance, qui permet à nos simples propositions empreintes du domestique, du commun et du quotidien d’accéder à la stature du légendaire.


    BIOGRAPHIE

    La Famille Plouffe œuvre ensemble depuis l’arrivée de chacun dans la vie de l’autre. C’est par souci d’intégrité envers elle-même qu’elle a décidé de mettre de l’avant cette signature commune, après un séjour familial en résidence d’artistes en France. Depuis, elle a continué de créer une multitude d’œuvres d’art public et d’œuvres inédites pour des évènements, résidences, expositions collectives et solos.


    Photo : Maryane Farah

  • JOANNE POITRAS - ROUYN-NORANDA

    CE QUE LE FEU M'A APPORTÉ

    La thématique Croire est présente dans mon travail artistique et dans ma démarche de cueillette de différentes matières, leur transformation et leur mise en espace.

    L’ensemble d’œuvres présenté à la BNSC 2020 touche l’histoire d’un territoire et d’une communauté, et, plus largement, celle des convictions humaines envers l’éternité.

    Mes installations sculpturales mettent en valeur les formes de l’amoncellement dans un mouvement d'élévation. Chacune des buttes ainsi créées porte son propre récit. Les quêtes, les croyances et les désirs humains s’incarnent dans les différents empilements de matières accompagnés d’une projection.

    D'une part, la structure double de scories « renvoie à l’histoire de l’industrie minière, à ses comportements envers l’environnement ainsi qu’à l’attitude des citoyens ». D’autre part, les débris d’une église détruite par les flammes forment une butte/montagne de reliques calcinées, d’objets issus de la collectivité et de la culture populaire.

    La structuration de ces formes d’empilement m’entraîne dans des mouvements giratoires, dans des gestes sans cesse répétés, dans un rituel où se transpose le verbe croire.


    BIOGRAPHIE

    Artiste en arts visuels et médiatiques, Joanne Poitras vit à Rouyn-Noranda. Depuis ses débuts, elle participe, tant au Québec qu’à l’étranger, à des événements artistiques qui rendent son art vivant. Plusieurs fois boursière du CALQ, elle s’engage activement dans le développement des arts en Abitibi-Témiscamingue. Cofondatrice de l’atelier Les Mille Feuilles à Rouyn-Noranda et initiatrice de la Biennale internationale d’art miniature (BIAM) de Ville- Marie, Joanne Poitras est également chargée de cours à l’Université du Québec en Abitibi- Témiscamingue.


    Photo : Noël Neveu

  • CHARLENE VICKERS - VANCOUVER

    SLEEPWALKING -SPEAKING WITH HANDS AND TERRITORIES

    Ma présence en tant qu’Anichinabée Kwe (femme Ojibwée) et mon rapport à mes origines forment le cœur de ma pratique artistique. L’approche que j’ai adoptée dans la sculpture Sleepwalking et dans l’installation Speaking with Hands and Territories est enracinée dans ma conviction que mon être physique incarne un lien à mon lieu de naissance et à mes ancêtres. Cette croyance dans mon corps et dans la mémoire de mes terres ancestrales est cruciale dans ma démarche de création et de recherche. Tracer une marque dans une peinture, une sculpture ou une installation devient le signe matériel de mon existence.

    Je crois que la force de ma relation à mes aînés dans mes œuvres contribue à perpétuer leurs traditions. Dans Sleepwalking, les mocassins évoquent des récits de perte culturelle, d’intervention créative, de soins et de guérison des effets du colonialisme. Avoir foi en une nouvelle façon de penser et d’être est fondamental pour vouloir cicatriser ses blessures. Dans cette œuvre, le cercle de mocassins et de couvertures représente un lieu sûr d’où on peut amorcer cette démarche.

    L’espace de Speaking with Hands and Territories relève du même concept. Quand on prend en considération et qu’on reconnaît les territoires et les peuples autochtones, il faut envisager un processus de réflexion pratique et d’engagement actif. Ici, la collectivité agit en ce sens sur le sol ancestral présent dans l’installation en créant des boules de boue qui sont ensuite disposées sur la structure en forme de cœur. Cette terre ramassée à proximité et façonnée par les participants locaux symbolise les premières étapes de la reconnaissance et de la préservation des territoires traditionnels des Premières Nations.


    BIOGRAPHIE

    Artiste en arts visuels issue de la nation des Anichinabés, Charlene Vickers vit et travaille à Vancouver. Elle est née à Kenora, en Ontario, et a grandi à Toronto. Elle explore ses racines ojibwés au moyen de la peinture, de la sculpture, de la performance et de la vidéo, en sondant les souvenirs, la médecine traditionnelle et la corporéité des liens avec les terres ancestrales. Formée en peinture, elle est diplômée de l’Emily Carr University of Art and Design (1994). Elle obtient ensuite un baccalauréat (1998) et une maîtrise en Arts (2013) de la Simon Fraser University (1998). Ses œuvres ont été présentées au Canada et aux États-Unis, en plus de faire partie de la collection permanente de l’Anthropology Museum de la University of British Columbia, à Vancouver.


    Photo : Robert Chaplin

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