Claire Morgan


Newcastle, Royaume-Uni

Présentée au Musée Pierre-Boucher
858, rue Laviolette, Trois-Rivières - N46 20.9203 W72 32.7205


Nature humaine / Human Nature

Ce qui dans le Meilleur des mondes trouve selon moi le plus d’écho dans la société contemporaine est la notion de bonheur allant de pair avec l’ignorance et la consommation. J’ai récemment fait la découverte de la description du capitalisme contemporain par l’écrivain Charles Handy, comme «de plus en plus de personnes, désirant de plus en plus, de plus en plus de choses».

Cela mène nécessairement à ce que de nombreuses personnes préfèrent ne pas se questionner quant à la provenance de toutes ces choses, les ressources et le travail impliqués, les dommages causés, si elles nous ont réellement rendus meilleurs, plus heureux ou plus libres. Il est plus simple de prétendre que ces pensées ne nous traversent pas l’esprit. Mais nous n’avons pas été conçus pour nous réjouir de notre sort. En ce sens, notre consommation inépuisable de marchandises et d’objets ne tend pas à nous rendre heureux. C’est certainement ce à quoi nous sommes poussés à croire, et le fait de consommer fournit bel et bien un certain égarement frivole vis-à-vis de la réalité que nous pouvons identifier comme étant du bonheur, mais en fait, c’est le désir et l’isolation qui nous rendent malheureux, peu importe les quantités que nous possédons, nous voulons toujours plus.

Mes idées ont découlé d’une notion de ce qui peut constituer le bonheur, et du rapport à la liberté et à la créativité, dans le Meilleur des mondes d’Huxley, ou dans notre propre monde. Maintenant tout le monde est heureux, on sera donc éliminé.

Photo : Christiane Simoneau

Photo : Christiane Simoneau

Photo : Christiane Simoneau

Photo : Lise Barbeau

Photo : Christiane Simoneau

Dans votre parcours artistique, quelle perspective vous relie à la thématique Le Meilleur des mondes?

Je suis intéressée par la signification de la séparation entre le physique et le mental, résultat de la manière dont nous vivons en société. Nous nous éloignons de la nature et les uns vis à vis des autres. Nous sommes au fait des dommages terribles, évitables que nous causons au monde, ainsi qu’aux autres personnes et aux animaux, et nous les permettons afin de rendre notre environnement proche plus pratique et confortable. Notre monde ne me semble pas si éloigné de celui du Meilleur des mondes. On apprend aux gens à ne pas poser de questions, à ne pas communiquer, à ne pas venir en aide, à rester fermés d’esprit et à réprouver la différence, à se protéger et demeurer à l’écart. Il en est ainsi de la notion de « sauvages », que les medias et les puissants nous ont poussés à considérer comme une entité moins humaine que nous le sommes. Le monde dans lequel nous sommes est devenu un monde de ténèbres, mais à la différence du Meilleur des mondes, on nous apprend que le principal but à poursuivre est celui de la prospérité, qu’il faut délaisser tout le reste, et que le bonheur n’est pas possible autrement. Alors qu’en réalité, il a été continuellement prouvé que la vérité se trouve à l’exact opposé.


Biographie

Claire Morgan est née à Belfast en 1980. Elle a obtenu un diplôme en sculpture avec félicitations du jury auprès de la Northumbria Univertiy en 2003. Ses oeuvres ont été exposées en Europe, aux États-Unis et en Australie. Claire Morgan est mondialement représentée par la Galerie Karsten Greve. Elle vit et travaille à Newcastle au Royaume Uni.

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