Louise Viger

MONTREAL, QUEBEC

Je m’attarde parfois auprès des autres endormies, 2018

Deux corps sont assis, l’un directement sur le sol, l’autre sur un socle. Ils sont appuyés l’un sur l’autre. Ces figures sont des mannequins de bois à l’échelle humaine, mannequins qui servent à l’artiste pour donner la pose aux modèles qui l’inspirent, qui deviennent l’œuvre.


L’un des personnages porte un masque, les jambes de l’autre sont impuissantes. Fragiles, ils se reposent l’un sur l’autre, car chacun a besoin de son partenaire pour le soutenir, l’aider et le protéger. Ils ont trouvé refuge dans le grenier. Le lieu de l’accumulation, du secret, là où chacun relègue et retrouve ses pensées les plus intimes. Les souvenirs sont propices à nourrir l’imaginaire et la rêverie. Pour le philosophe français Gaston Bachelard, le grenier est le lieu de la mémoire qui éclaire le passé. Ainsi, par leur position dans la maison, sous les combles, les figures qui l’habitent y incarnent le temps révolu et à venir, le cycle de la vie. Elles parlent de cheminements personnels, de solidarité, de bienveillance et d’amitié.


PHOTOS : Félix Michaud

Le titre est tiré du beau recueil de France Mongeau,

Lectures d’un lieu (Trois-Rivières, Écrits des Forges, 2010, p. 58), que je remercie.



Biographie

Née à Grand-Mère, Louise Viger vit et travaille à Montréal. Elle réalise des œuvres multidisciplinaires où l’installation sculpturale occupe une place prépondérante. Ses œuvres ont fait l’objet de plusieurs expositions individuelles au Québec – au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) et au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) –, au Canada et à l’étranger. Elles ont été présentées dans d’importantes expositions collectives, et son travail a été commenté dans divers ouvrages, notamment Exposer l’art contemporain du Québec (Francine Couture, 2002), La sculpture et le vent. Femmes sculpteures au Québec (Serge Fisette, 2004).


Louise Viger a réalisé une douzaine d’œuvres d’intégration à l’architecture dont plusieurs à Montréal, telles que Voix sans bruit (2005) pour l’édifice de la Grande Bibliothèque ; Une architecture d’air (2015), installée à l’entrée sud de la Plaza Saint-Hubert ; La traversée des lucioles (2017), implantée au nouveau CHUM et La voie des souffles (2017), réalisée pour la Cité de la culture et du sport, Place Bell, à Laval.


Des collaborations avec d’autres artistes sont souvent au cœur de ses projets. Ces complicités actives mettent en dialogue chacune des disciplines concernées : arts visuels, poésie, musique ou danse. Ses œuvres se retrouvent dans de nombreuses collections privées et publiques dont celles du MACM et du MNBAQ.


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