Kim Adams

Toronto, Ontario, Canada

Présentée au Musée québécois de culture populaire

864, rue des Ursulines, Trois-Rivières 200, rue Laviolette, Trois-Rivières N46 20.676 W72 32.4211

Tout au long de ma vie professionnelle en tant qu'artiste, j'ai fait des modèles et des dessins pour me permettre de m'engager plus librement avec la sculpture. Parfois, les modèles sont des propositions pour des œuvres plus grandes, à d'autres occasions, ils sont de grandes sculptures à grande échelle par elles-mêmes. Caboose Mountains, les deux œuvres présentées lors de l'exposition, se composent de grosses fausses roches comme base pour des paysages et des scènes de peuplement humain miniatures. Les faux rochers de grandeur nature sont couramment utilisés en guise de décoration pour la cour et le jardin, le plus souvent dans les propriétés rurales et suburbaines, pour recouvrir un assortiment d'éléments « inesthétiques » à l'extérieur: les poubelles, les réservoirs sous pression, transformateurs électriques, etc. Leur réalisme est impressionnant. Ils constituent également un véhicule parfait pour mes recherches en cours et mon utilisation des changements d'échelles; ayant l'allure de véritables rochers, ils ont l'air de grosses montagnes lorsque combinés avec des paysages et des habitants miniatures à l’échelle HO. Donnant l'impression de montagnes surgissant d'un paysage submergé, les spectateurs expérimenteront un éloignement de leur propre échelle. Partant d'œuvres antérieures, cette série mettra en vedette des mondes HO-miniatures de loisirs et de vie saine, et la lenteur ou le sens de l'immobilisme associés au monde des rochers. Le brouillage constant et délibéré de l'échelle dans mon travail est le résultat de sa dimension imaginaire, propositionnelle et peut-être utopique.

Photo : François Lamy

Photo : Lise Barbeau

Photo : Lise Barbeau

Photo : Lise Barbeau

Photo : Lise Barbeau

Dans votre parcours artistique, quelle perspective vous relie à la thématique Le Meilleur des mondes?

Les Caboose Mountains font partie d'une série de travaux en cours qui, d'une façon hyperbolique et parfois dystopique, font la chronique de la transformation du paysage sous la pression de l'habitation humaine. Beaucoup de mes œuvres passées ont mis l'accent sur la densité des mondes urbains. Les Caboose Mountains suggèrent une évasion et une habitation imaginaires encore plus éloignées et même, apparemment, un lieu inhabitable. Le brouillage de l'échelle qui se produit tout au long de mon travail ─ le chevauchement et l'intersection de dimensions spatiales apparemment contradictoires ─ est le résultat d'une nature délibérément propositionnelle et imaginaire : ils sont des descriptions d'un hyper-monde, combinant des anecdotes tordues et conjointes, des ouï-dire et des rumeurs, des extraits des nouvelles quotidiennes et des observations de tous les jours sur l'utilisation de la planète pour l'habitation humaine. Les scènes illustrent l'imbrication du travail et du temps libre, de l'esprit d'entreprise indépendante et du style de vie alternatif édifié sur d'anciens secteurs de l'industrie et parfois sur la destruction de l'environnement. Mis en mouvement par la permission inhérente des mondes miniatures, le travail part de la réalité et se déploie en un Meilleur des mondes. Les récits visuels hyperboliques de mon travail dressent la carte de la mobilité de notre espèce, son expansion et sa contraction, la colonisation et le retrait, et nos relations tout comme nos séparations avec l'espace social et la nature.


Biographie

Le travail de Kim Adams a été inclus dans de grandes expositions individuelles et collectives nationales et internationales, et plus récemment à la Mass MoCA and National Gallery. Il est le récipiendaire de l'édition 2012 du prix Gershon Iskowitz, d'une bourse Guggenheim (2013), et du Prix du Gouverneur général pour les arts visuels et médiatiques (2014). Il est représenté par Diaz Contemporary à Toronto.

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